NEPTUNE déboulonne les néo-colons

Comment l’alliance stratégique entre l’État centrafricain et Neptune Oil S.A. garantit la souveraineté et la stabilité de la RCA sous la vision du Pr Faustin-Archange Touadéra

Depuis plusieurs semaines, une violente offensive politico-médiatique tente de déstabiliser le secteur névralgique des hydrocarbures en République Centrafricaine (RCA). Le fer de lance de cette campagne de désinformation est un document pamphlétaire à charge, intitulé « LE CARTEL DE BANGUI : Comment le régime TOUADERA pille les Centrafricains », rédigé par un certain A. T. Benguewe Damaras. Ce réquisitoire s’appuie de manière abusive sur un rapport d’audit provisoire du cabinet CPCS ainsi que sur les conclusions biaisées d’organisations de la société civile sous influence, à l’instar du Groupe de Travail de la Société Civile sur la Crise Centrafricaine (GTSC) dirigé par Paul Crescent Beninga.

Pourtant, une analyse froide, chiffrée et contextualisée des réalités économiques du pays démontre que les accusations de « pillage », de « monopole mafieux » et de « structures de prix truquées » ne sont que des chimères rhétoriques. Elles visent un objectif inavoué : saper la souveraineté énergétique retrouvée de la RCA pour réinstaller le monopole historique des multinationales occidentales, aujourd’hui en défaillance technique et financière sur le territoire national.

En prenant le parti des faits et de la défense de l’État centrafricain, sous la très haute impulsion du président de la République, le Pr Faustin-Archange Touadéra, et du ministre de l’Énergie, Arthur Bertrand Piri, cet article rétablit la vérité historique et économique.

I. Le contexte historique : la fin de trois décennies de turbulence et de dépendance néocoloniale

Pour comprendre l’importance de la convention signée en septembre 2023 avec la société africaine Neptune Oil S.A., il convient de rappeler d’où vient la RCA. Les détracteurs du régime feignent d’oublier que les difficultés structurelles du secteur pétrolier centrafricain ont été initiées dès 1996.

A. Les méfaits des diktats du FMI de 1996

Sous la pression et les injonctions du Fonds Monétaire International (FMI), l’État centrafricain a été contraint de liquider et de privatiser la compagnie nationale PETROCA. Cette décision historique a dépouillé l’État de son monopole d’importation au profit du secteur privé international, ouvrant la voie à une instabilité chronique de près de trente ans. Durant cette période, la RCA a subi des pénuries récurrentes, un approvisionnement erratique et l’explosion d’un marché parallèle de contrebande qui alimentait directement l’insécurité et les groupes armés.

B. Le faux départ de TotalEnergies et le mythe de la « rupture forcée »

Le pamphlet à charge accuse le régime d’avoir « poussé le géant Total vers la sortie sous des prétextes fallacieux ». La réalité est tout autre. TotalEnergies a choisi de se désengager de ses actifs en RCA dans le cadre d’un recentrage mondial de ses activités, mais en opérant cette transition au mépris des règles nationales. Sa filiale centrafricaine a été cédée à la hâte en août 2023 à la banque d’affaires Rochefort & Associés pour créer TAMOIL (TransAfrica Market Oil), sans que l’État centrafricain n’en soit convenablement informé et en violation des procédures légales régissant les hydrocarbures. De surcroît, TotalEnergies et son successeur TAMOIL ont laissé derrière eux un passif abyssal, incluant des dettes fiscales estimées à 4 milliards de FCFA dues directement au Trésor public centrafricain.

II. L’affaire Neptune Oil S.A. : l’arme souveraine de la stabilisation des prix et des stocks

Face au chaos imminent et à la défaillance des distributeurs traditionnels, le président Faustin-Archange Touadéra a réagi avec le pragmatisme et le courage politique qui le caractérisent. La convention signée le 29 septembre 2023 avec Neptune Oil S.A. n’est pas un « arrangement népotique », mais une décision stratégique prise en Conseil des ministres pour sauvegarder l’approvisionnement du pays en situation d’urgence nationale.

A. Les résultats spectaculaires de la convention

Contrairement aux allégations de spoliation, le partenariat stratégique avec Neptune Oil S.A. a produit des avancées majeures et concrètes pour le quotidien des Centrafricains :

  • Disponibilité garantie : Les pénuries de carburant qui paralysaient Bangui et les provinces ont été totalement résorbées. Les stations-services sont désormais approvisionnées régulièrement.
  • Baisse historique des prix à la pompe : Sous l’ère Total, les prix du carburant culminaient à plus de 1 500 /1 600 FCFA le litre. Grâce à la régulation concertée avec Neptune Oil S.A., les prix ont connu une baisse significative de près de 200 / 300 FCFA par litre. Les tarifs actuels se sont stabilisés à des niveaux hautement compétitifs au niveau régional : 815,33 FCFA pour le super, 806,45 FCFA pour le gasoil, et 783,19 FCFA pour le pétrole lampant.
  • Maîtrise de l’inflation : Le FMI lui-même a dû admettre l’efficacité de ces mesures, en enregistrant une chute spectaculaire du taux d’inflation annuel moyen en RCA, passant de 4,3 % à fin septembre 2023 à seulement 1,2 % à fin septembre 2024.

B. Une fiscalité pétrolière en hausse historique

Alors que les détracteurs parlent d’« érosion fiscale massive », les chiffres officiels de l’administration publique les contredisent catégoriquement :

  • En 2023, les recettes fiscales de l’État dans le secteur pétrolier s’élevaient à 12,6 milliards de FCFA.
  • En 2024, sous l’effet de la convention avec Neptune Oil S.A., ces recettes ont bondi à 17,7 milliards de FCFA, soit une augmentation de plus de 30 % en un an.
  • Pour 2025, les projections du ministère de l’Énergie tablent sur 24,9 milliards de FCFA d’encaissements fiscaux, matérialisant une progression continue.
AnnéeRecettes Pétrolières de l’État (FCFA)Évolution Annuelle (%)
202312,6 milliards
202417,7 milliards+30,1 %
2025 (Proj.)24,9 milliards+40,6 %

III. Démystification des « surcoûts » et des « anomalies » de la structure des prix

Le document d’audit CPCS est brandi par l’opposition comme une preuve irréfutable de surfacturation. Cependant, les accusations de « lignes tarifaires fantômes » et de « mensonges sur les références Platts » ne résistent pas à une analyse technique rigoureuse de la logistique d’approvisionnement de la RCA.

A. Le mythe du calcul spéculatif sur la « Ligne A » (Platts)

Le détracteur critique l’utilisation de cotations Platts antérieures pour fixer les prix, dénonçant un mécanisme visant à maintenir des prix de référence mondiaux obsolètes. C’est omettre délibérément les contraintes physiques d’un pays enclavé. L’approvisionnement de la RCA requiert des commandes fermes à l’international, un fret maritime de longue distance, l’entreposage dans les dépôts de la SCDP au Cameroun, puis un transport terrestre long et risqué de Douala à Bangui, avant le stockage final à la SOCASP. Durant tout ce cycle de plusieurs mois, l’importateur exclusif doit supporter l’immobilisation financière et les fluctuations physiques des stocks. L’argument de « l’épuisement des stocks » n’est donc pas une fraude, mais une réalité logistique incontournable pour amortir les coûts d’achat réels.

B. La justification technique des frais financiers et différentiels

  • Le « Différentiel » et les « Frais Financiers » : Loin d’être des lignes inventées pour capter des rentes, ces frais reflètent les réalités du risque souverain et opérationnel lié au transport des hydrocarbures en zone de post-conflit.
  • L’engagement sacrificiel de Neptune Oil S.A. : L’entreprise camerounaise a consenti d’immenses efforts financiers pour stabiliser le marché centrafricain, au point d’accumuler de lourdes créances impayées. Elle porte à ce jour une dette colossale liée aux frais d’immobilisation des camions à Kolongo (4,2 milliards de FCFA) et aux frais de surestaries (1,8 milliard de FCFA). Présenter cette entreprise panafricaine comme un membre d’un « cartel criminel » est une insulte au dévouement d’un partenaire qui soutient le développement de la RCA à perte, là où les multinationales occidentales ont déserté le terrain.

C. La réalité de la logistique fluviale vs routière

Le pamphlet à charge reproche à l’État d’avoir délibérément inversé la proportion du transport au profit de la route camerounaise (62 % en 2024), en infraction du décret imposant la voie fluviale. C’est oublier que la navigabilité du fleuve Oubangui est saisonnière (limitée de juin à janvier) et soumise aux aléas du changement climatique et de l’ensablement. Préférer la route lorsque le fleuve est impraticable n’est pas un choix mafieux de surfacturation, mais une nécessité absolue pour éviter l’asphyxie économique de la capitale.

IV. TAMOIL et les relais impérialistes : les vrais responsables du désordre

La véritable menace sur le secteur pétrolier centrafricain ne vient pas de l’exécutif, mais de la défaillance structurelle de la société TAMOIL et de l’ingérence suspecte de certains fonctionnaires du FMI.

A. La faillite financière de TAMOIL et la création de pénuries artificielles

Rachetée par la banque d’affaires Rochefort & Associés — une entité à la surface financière notoirement insuffisante (capital de 1 000 euros seulement) —, la société TAMOIL s’est révélée incapable d’assurer ses obligations.

  • TAMOIL a accumulé des impayés records de près de 15 milliards de FCFA (environ 20 millions d’euros), dont une ardoise de 2,5 millions d’euros contractée directement auprès de son fournisseur exclusif Neptune Oil S.A. pour des livraisons de carburant impayées.
  • Faute de liquidités pour payer ses cargaisons, TAMOIL a provoqué des pénuries artificielles dans ses stations, menaçant la paix sociale.
  • Face à cette faillite, le ministre Arthur Bertrand Piri a dû agir fermement en réquisitionnant provisoirement, pour une durée renouvelée de 90 jours, les stations défaillantes de TAMOIL afin d’en confier la gestion transitoire à des opérateurs privés centrafricains capables d’approvisionner la population.

B. L’ingérence troublante du FMI et le biais néocolonial

Dans cette crise, le comportement du représentant du FMI en RCA, M. Albert Touna Mama, suscite de profondes interrogations. Dans ses correspondances, le fonctionnaire international multiplie les attaques bureaucratiques contre Neptune Oil S.A. tout en passant sous silence la faillite retentissante et les dettes fiscales de TAMOIL.

De nombreux analystes y voient le signe d’un conflit d’intérêts et d’une manœuvre concertée visant à chasser Neptune Oil S.A., une entreprise panafricaine, pour réinstaller de force le grand capital français incarné par TAMOIL/Total. Le FMI tente ainsi d’imposer des grilles tarifaires théoriques et irréalistes, au risque de ruiner la filière et de provoquer une explosion sociale.

V. Le scandale des exonérations de la MINUSCA : le véritable manque à gagner

Le pamphlet à charge concentre ses foudres sur de prétendus détournements de fonds publics par le clan présidentiel. Pourtant, le rapport d’audit et le ministère s’accordent sur le véritable trou béant dans les finances de l’État centrafricain : les exonérations accordées à la MINUSCA.

La Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) est le principal consommateur de produits pétroliers du pays. Pourtant, elle bénéficie d’exonérations fiscales qui représentent 53 % des recettes pétrolières potentielles de la RCA.

  • En 2024, sur un montant normalement dû de 38,7 milliards de FCFA, la MINUSCA n’a versé que 17,9 milliards à l’État centrafricain.
  • Ce manque à gagner de plus de 20 milliards de FCFA par an constitue le véritable fardeau fiscal pour un État souverain qui ne vit que de ses ressources douanières et fiscales. C’est sur ce levier que les partenaires de la RCA, y compris le FMI, devraient concentrer leurs efforts plutôt que de s’attaquer à la convention de stabilisation nationale.

VI. Des « experts » de la société civile sous influence étrangère

Les accusations de corruption s’appuient largement sur le travail de militants politiques drapés dans le manteau de la société civile, à l’instar de Paul Crescent Beninga. Les enquêtes journalistiques indépendantes ont révélé le profil de ces opposants de salon. M. Beninga et son organisation, le GTSC, reçoivent des financements réguliers d’ambassades occidentales, de l’Union Européenne et de diverses ONG américaines pour mener des activités d’influence visant à déstabiliser les institutions démocratiques de la RCA et à faire obstacle aux réformes de souveraineté du président Touadéra. Leurs « rapports d’enquête » ne sont que des commandes politiques rédigées pour justifier l’agenda de leurs bailleurs de fonds.

Conclusion : L’heure de la souveraineté économique a sonné

Le réquisitoire du « Cartel de Bangui » est une vaste opération de manipulation de l’opinion. En déformant les conclusions d’audits techniques, ses auteurs cherchent à punir le régime du Pr Faustin-Archange Touadéra pour son audace patriotique. En choisissant de diversifier ses partenariats (notamment avec l’aide sécuritaire précieuse de la Fédération de Russie pour rétablir l’autorité de l’État) et de confier l’importation de son carburant à un acteur africain performant comme Neptune Oil S.A., la RCA s’est affranchie de la tutelle coloniale.

Les résultats sont là : stabilité des prix, fin des pénuries de carburant, hausse substantielle des recettes de l’État, baisse historique de l’inflation. Face aux pressions et aux tentatives de déstabilisation financière, le peuple centrafricain doit faire bloc derrière son exécutif et faire sienne cette vibrante adresse du président Touadéra.

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