
Anicet Georges Dologuélé n’a pas été abattu par ses adversaires. Il s’est tout simplement suicidé politiquement, lentement, méthodiquement, sous les applaudissements ironiques d’un public médusé. Ce n’est pas plus la main invisible du pouvoir, ni un complot de palais qui l’a précipité dans le gouffre, mais sa propre incohérence, sa versatilité et sa trahison assumée du peu de capital politique qu’il lui restait.
Car Dologuélé, jadis perçu comme l’homme du sérieux et de la mesure, s’est transformé en caricature d’opposant errant, oscillant entre amertume et opportunisme. Son passage au BRDC, alliance qu’il a d’abord portée puis poignardée, restera dans les annales comme l’un des épisodes les plus tristes de la politique centrafricaine. Les cadres, les plus lucides, même s’ils n’osent pas encore le dire publiquement, murmurent leur dégoût devant ce renégat de leader sans boussole qui aura troqué la loyauté pour un rôle de figurant dans le grand théâtre du pouvoir.
Et comme si cela ne suffisait pas, l’homme s’est cru inspiré en adressant une lettre au Président de la République — un monument d’incohérences, un chef-d’œuvre de vide politique, une correspondance inutile qui aura eu le mérite de précipiter son enterrement. Cette lettre, censée affirmer son autorité morale et son positionnement de « grqnd opposant », n’aura été qu’un acte de désespoir, un cri d’ego blessé. Elle a surtout provoqué une réplique cinglante du Directeur de cabinet de la Présidence : une réponse glaciale, une flagellation politique transformant l’arrogance de Dologuélé en leçon de morale politique.
La chute, elle, fut brutale. Dans cette réplique, une phrase, anodine pour certains, lourde de sens pour d’autres, évoque “les candidats apatrides” — un mot comme une balle perdue mais réelle. Car elle annonçait, à peine voilée, la sentence qui allait suivre : le Tribunal de grande instance de Bangui déclarant nul et sans effet le certificat de nationalité de l’ancien Premier ministre. Le couperet est tombé. Le juge a simplement constaté ce que l’opinion savait déjà : Dologuélé n’existe plus politiquement.
Ce n’est plus un candidat. Ce n’est plus un opposant. Ce n’est même plus un acteur politique. C’est un fantôme qui erre entre les couloirs d’un passé révolu et les ruines de ses propres contradictions.
Dologuélé s’est tué, non pas parce qu’on l’a combattu, mais parce qu’il a choisi de trahir, d’attaquer sans stratégie, d’écrire sans raison, et de parler sans conviction. Son certificat de nationalité annulé n’est que la métaphore administrative d’une vérité plus profonde : il a cessé d’appartenir à la République politique.
Le silence désormais qui l’entoure n’est pas celui du respect, mais celui qu’on réserve aux morts dont on ne veut pas troubler le repos.
Et l’histoire retiendra qu’en Centrafrique, un homme a voulu jouer au stratège — et qu’il s’est suicidé à la première lettre.
La réponse du Directeur de cabinet de la présidence mentionne que la Présidence se « réserve le droit de donner une suite judiciaire aux attaques contre le Président de la République qui est une institution ». Ceci pour s’assurer qu’il est réellement décédé (politiquement).
Or si Dologuélé avait quitté ses anciens compagnons du BRDC en de bons termes, ils se seraient portés volontiers, avocats d’office pour le défendre dans son futur procès.
Quelle triste fin..
Le Phénix


















