Gabon et Congo rapatrient 300 millions de dollars

SOMMET DE BRAZZAVILLE : OLIGUI NGUEMA CHUCHOTE LE PLAN DE RAPATRIEMENT DES DEVISES AU PRESIDENT SASSOU-NGUESSO

La session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), tenue le 22 janvier dernier à Brazzaville, a permis de relever le rôle décisif de la diplomatie de couloir entre les chefs d’Etat de la République du Congo et du Gabon. Au cours d’une rencontre informelle, les deux dirigeants ont échangé sur la stratégie de renforcement de la stabilité financière de la sous-région.

Selon des informations révélées par Africa Intelligence, le chef de l’État gabonais a personnellement manœuvré pour convaincre son homologue congolais, Denis Sassou-Nguesso, de procéder au rapatriement des devises pétrolières logées hors de la zone CEMAC afin d’éviter une crise monétaire qui augurerait une dévaluation du franc CFA. Un scénario particulièrement redouté par les analystes du Fonds monétaire international (FMI).

A cette rencontre participaient également Thierry Minko, le ministre de l’économie et des finances du Gabon et Yvon Sana Bangui, le gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique centrale (BEAC).

D’après nos confrères, cette démarche s’est matérialisée lors d’un dîner de travail entre les deux présidents, organisé en marge du sommet. L’objectif affiché : garantir l’équilibre économique de la zone et éviter une dévaluation du franc CFA, un scénario jugé préoccupant par plusieurs analystes internationaux. La rencontre s’est tenue en présence de responsables clés, notamment le ministre gabonais de l’Économie et des Finances et le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC).

De l’avis des experts, la zone CEMAC dispose de réserves de devises qui couvrent quatre à six années d’importations alors que les fonds étrangers peuvent financer plus de soixante mois. À l’issue du dîner, les deux chefs d’État ont convenu de procéder au rapatriement de leurs devises pétrolières respectives.

Dans cette dynamique, le président gabonais a transmis des instructions concrètes à la société nationale Gabon Oil Company afin de récupérer plus de 300 millions de dollars issus de fonds de restauration de sites. Une décision qui illustre la volonté du chef de l’État de traduire ses engagements régionaux en actes nationaux.

Cette séquence diplomatique intervient alors que le Gabon s’apprête à rouvrir le dialogue sur les prémices d’un programme bâti sur la croissance avec le Fonds monétaire international (FMI) dont une délégation est attendue le 15 février 2026 à Libreville. De son côté, le Congo, dont le mécanisme de soutien octroyé par l’institution de Bretton Woods, démarré en 2022, a pris fin en mars 2025, cherche à prendre les devants et à anticiper  l’actualisation. Dans cette optique, le ministre congolais des finances, Christian Yoka, travaille déjà sur les contours du nouveau programme.

D’après les instituts de notation, l’annonce des négociations à venir du Gabon a eu des conséquences positives sur les eurobonds de l’État dans les marchés internationaux.

En outre, en prenant l’initiative d’un dialogue direct avec Brazzaville sur une question aussi sensible que les devises pétrolières, Brice Clotaire Oligui Nguema apparaît comme l’un des acteurs moteurs de la recherche de solutions préventives face aux risques macroéconomiques qui pèsent sur la zone CEMAC. L’écoute active que lui a réservé son homologue congolais, Denis Sassou-Nguesso, est aussi le signe que l’axe Brazzaville – Libreville peut désormais assumer des choix décisifs pour l’avenir des Etats membres.

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